La sagesse de l'ours blanc
Du Nord au Sud et d'Est en Ouest du cercle polaire, les Inuit le savaient depuis longtemps, mais bien sûr, les scientifiques ne voulaient guère les croire. Que peut bien valoir la parole de quelques chasseurs qui pratiquent encore leurs traditions séculaires - et forcément dépassées aux yeux de la science?
Ils parlaient de cette nouvelle espèce et disaient que le phénomène n'était pas rare, mais pensez-vous, aucun blanc n'en avait jamais vu, de ses yeux vus, à part cette bête abattue en 2006 et dont la science a pu étudier le cadavre, alors quelle confiance pouvait-on avoir en leurs observations?
Depuis plusieurs années, les ours blancs sont menacés. Ce ne seront peut-être pas les premières victimes du réchauffement climatique, mais sans doute parmi les plus emblématiques. Voilà qu'au Nord, la glace se fait de plus en plus rare, écourtant la saison de chasse - et donc les chances de survie à l'été - tandis qu'au Sud, leur territoire cède petit à petit face à celui d'un voisin tout aussi dangereux et habile que le roi de la banquise : le grizzly.
Quelle est la solution, alors, pour l'ours blanc, menacé par la faim et par la concurrence d'un cousin aussi fort que lui? Beaucoup d'humains auraient probablement choisi la voie des armes, quitte à provoquer un bain de sang et la fin de leur propre culture. Mais si l'ours blanc fait preuve d'une force admirable, il brille aussi par son intelligence. Quel avantage le super-prédateur aurait-il eu à se battre contre un autre super-prédateur, qui plus est certainement plus adapté à l'évolution de l'environnement climatique que ne l'est l'ours blanc? Il n'a donc pas choisi d'affronter le grizzly, mais de s'en faire un ami.
La toundra voit ainsi l'apparition d'une nouvelle espèce. Les scientifiques parlent de pizzly et de grolard selon que l'hybride est né d'un mâle blanc et d'une femelle grizzly ou inversement, mais cela prouve encore qu'ils n'ont pas tout compris. Car ces petits ours ne sont pas des hybrides comme peuvent l'être le tigron ou le mulet, loin de là. Le 2e spécimen tué en mai 2010 le prouve : il est né d'une pizzly et d'un grizzly. L'espèce est donc fertile - et, à en croire les Inuit dont je n'ai aucune raison de douter, les cas probablement bien moins rares que ce que les scientifiques veulent bien croire.
On est donc en droit d'espérer que l'ours blanc n'est pas aussi condamné qu'il y paraît. Il assurera sa survie au réchauffement climatique à travers le métissage. Belle leçon de vie à méditer.

Commentaires
Oui, l'ours blanc est une
Oui, l'ours blanc est une adaptation récente du grizzly au condition polaire. Sauf que le mâle blanc est devenu beaucoup plus lourd que le grizzly si bien que je crains qu'il blesse le dos d'une grizzly ( comme ça se produit chez les éléphants). Par contre la femelle polaire pourrait assez bien accepter un beau petit brun, un mâle grizzly. le fait que des mâles grizzly rencontrent des femelles c'est simplement parce que les femelles descendent au sud pour se protéger des mâles affamés ( des cas de cannibalismes pour la première fois en 2006) et que les grizzly montent au nord parce qu'avec le réchauffement de nouveaux territoires s'offrent à eux.
Mais ça n'infirme en rien ta thèse. les ours savent, et cherchent des solutions. Et la collaboration est le fondement de la vie partout autant chez les bactéries qui s'échangent de l'ADN que chez les poissons que chez les ours et même les humains, même si certains de ceux-ci tentent de nous prouver le contraire.
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