Les femmes et la politique
Évidemment, la nouvelle m'est arrivée en pleine poire ce matin. J'émergeais tranquillement, et comme tous les matins, je me dirigeais sur la page actualités, histoire de ne rien perdre du feuilleton Amour, gloire et Élysée dont les médias français se gorgent en ce moment, quand mon oeil fut attiré par une toute autre nouvelle...
Le retour ainsi tristement marqué de Benazir Bhutto à la politique pakistanaise fait écho à la réflexion que je me faisais hier sur les femmes et la politique, plus exactement, sur la façon dont les femmes sont traitées par les médias.
Ma réflexion partait du constat que Cécilia, comme Ségolène, n'avait qu'un prénom pour les médias, ce qui traduit - à mon avis - qu'elles n'occupent qu'un second rôle sur la scàne politico-médiatique française.
Je suis d'ailleurs persuadée qu'une bonne partie de la victoire de Sarkozy est due à cette opposition "Sarko" versus "Ségo", qui, de façon tout à fait inconsciente et mesquine, appuyait efficacement la campagne de Sarkozy.
Lui, l'homme, avait droit à un nom. L'élision lui donnait même une connotation guerrière, ce qui correspondait bien au message: je suis l'homme des temps nouveaux, et je vais me battre pour que la France retrouve bonheur et prospérité.
Mme Royal, elle, n'avait droit qu'à un prénom... Or, si l'on y pense, quelles autres femmes ne portent qu'un prénom pour les médias? D'une part, le cortège des premières dames récentes, les Bernadette et Cécilia (ce qui ne fut pas le cas Danièle Mitterrand, au passage, comme quoi la condition de la femme fait vraiment des progrès fulgurants) et Arlette, qui passe pour tout sauf pour quelqu'un qu'on peut réellement prendre au sérieux dans la vie politique française. Bref, Ségolène s'est retrouvée, que ce soit voulu ou non, reléguée au rang de second rôle...
"Sarko" vs "Ségo", c'était donc la verbalisation inconsciente (et je dois dire, particulièrement efficace) de l'opposition entre le guerrier et la potiche.
Il y a donc assurément deux catégories de femmes en politique, au moins. Il y a celles comme Ségolène ou Arlette, que les médias n'appellent que par leur prénom. Certains diront que l'emploi du prénom est affectueux. Peut-être. Mais la politique n'est pas une question se sentiments, justement. Vous remarquerez aussi que presque tous les hommes publics, eux, ont droit à leur nom - le seul contre-exemple qui me vienne à l'esprit, c'est celui de Jacques Chirac, parfois appelé Jacquot ou Jacquouille... Surnoms utilisés dans le peuple, mais guère relayés dans les médias cependant. Pourquoi? Je ne peux m'empêcher de penser que notre société, dans les sphères officielles, ce sont généralement les enfants que l'on appelle par leur seul prénom, et que de parler d'Arlette ou de Ségolène, c'est faire preuve d'une certaine condescendance: "tu es gentille, ma petite, mais laisse les grands régler leurs affaires".
De l'autre côté, il y a ces femmes symboles, et non des moindres. Deux d'entre elles ont fait l'actualité ces derniers jours, Benazir Bhutto et Aung San Suu Kyi, mais on peut aussi penser à Ingrid Bétancourt, Rigoberta Menchú Tum, ou plus anciennement à Indira Gandhi. Toutes ces femmes, d'une façon ou d'une autre, font figure d'emblème d'une cause. Et malgré leur diversité, il me semble que leur symbolique ressortit toujours du même schéma. Ces femmes-là sont des rocs, auxquels on s'accroche en dernier recours, elles sont fières et tenaces, jamais violentes, à l'image d'une mère, finalement.
Il y a là pour moi une grande leçon de politique à tirer pour les femmes.
Rien ne sert d'imiter les hommes, de jouer les coqs de village ou les chiens enragés à l'image d'une Margaret Thatcher, qui n'aura pas vraiment laissé sa marque féminine dans nos mémoires.
Il me semble inutile, voire nuisible, d'adopter la même attitude que les hommes. Je suis convaincue que les femmes ont un rôle à jouer en politique, mais un rôle à l'image de ce qu'elles sont: douceur et compassion, mais aussi courage et volonté.
Ps: Ou alors, il y a aussi ça comme possibilité :P

Commentaires
Et c'est malheureusement par
Et c'est malheureusement par des actes inqualifiables que certains essayeront, et parfois même réussiront, à éteindre ces étoiles symboles d'espoir, espoir de tout un peuple ou de toute une génération.
Triste est la bêtise des hommes...
Pef, geek feministe (sisi j'vous l'jure)
www.openpef.org
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