politique

Sale journée

Un instant, on avait eu une lueur d'espoir...
Une idée un peu nouvelle dans ce Canada qui se sclérose, un gouvernement de coalition libéraux-néo-démocrates-bloc québécois, du jamais vu depuis plus de 100 ans, pour espérer faire un pas en avant. Pas qu'en soi ce gouvernement aurait fait des choses extraordinaires, mais il aurait simplement permis de faire tomber le gouvernement Harper et de sa politique absolument, complètement, radicalement désastreuse.

Car le gouvernement Harper, c'est le lobby des grandes pétrolières au pouvoir.
Et les grands pétrolières, c'est ça.

C'est une bien triste décision pour la planète que vous avez prise aujourd'hui, Madame Michaelle Jean.

Elections

Évidemment, la grosse actualité du moment au Québec, c'est les zélections provinciales.

C'est la première fois que je dois voter au provincial, et j'avoue que je ne sais pas si j'irai.

Je n'irai sûrement pas voter pour M. Du*mont. Moi, je crois que c'est bien de parler de Glouscap aux enfants.
Je n'irai sûrement pas voter pour Mme Ma*rois. Je trouve déjà qu'il y a trop de frontières dans ce monde, je ne suis pour en rajouter une.
Je n'ai pas non plus envie de voter pour M. Cha*rest et sa politique catastrophique.
Quant à voter pour un parti marginal, autant ne pas voter.

Je n'aime pas ne pas prendre part à la vie politique. J'estime qu'il est important de voter, ne serait-ce que parce que je crois que la démocratie est l'une des meilleures formes de gouvernement possibles (la meilleure étant ma propre didacture, bien sûr). Mais j'ai finalement le choix entre le racisme, le souverainisme et le néolibéralisme (il faudra m'expliquer comment un mot aussi beau que liberté a pu donner naissance à un concept aussi abject que le néolibéralisme).

Non, je n'irai probablement pas voter, car tous les candidats représentent des idées contraires aux miennes.
Mais tout ça n'a pas grande importance, probablement.
Je me sens amoureuse, alors rien d'autre ne compte.

Mission accomplie!

L'élection de Barack Obama (I got a crush on Obama) suscite l'enthousiasme partout dans le monde, de façon un peu curieuse, quand on y songe. Car il a été élu président des États-Unis et fera probablement passer le bien de son pays avant celui de la planète, qui sera sûrement déçue à plus d'un égard.
Non, il ne faut pas trop attendre du président Obama. D'abord, parce que ce n'est pas vraiment un progressiste comme on peut en connaître au Québec ou en Europe. La gauche américaine reste quand même très à droite. Ensuite, parce que les démocrates ont généralement les poings liés : ils ne peuvent jamais aller trop à gauche, sous peine de perdre leur crédibilité auprès d'une bonne partie des bouseux de l'électorat américain. Enfin, parce qu'aux États-unis comme partout ailleurs, le pouvoir politique est faible et c'est bien souvent le pouvoir économique (la World Company) qui mène la barque.

Cela dit, par le simple fait d'avoir gagné les élections américaines, il a d'ores et déjà réussi ce qu'il pouvait faire de mieux : prouver qu'un noir, fils d'immigré, peut devenir autre chose qu'un éboueur (ou qu'un tueur). Oui, avec un peu de chance, Barack Obama vient de changer l'image que les minorités des pays occidentaux ont d'elles-mêmes.
Elle est là, la vraie révolution, qui suscite tant d'enthousiasme dans le monde.
Pour le reste, ne nous y trompons pas, il sera sans doute un président américain comme les autres.

Les moyens ne justifient pas la faim

Mon père, grand amateur de formules choc devant l'éternel, nous a sorti un jour: « le 21e siècle sera le siècle des guerres de la soif ». Sans doute avait-il raison. Si l'humanité survit. Car avant la soif, il semble pour l'instant que le grand danger qui menace des millions d'humains aujourd'hui, c'est la faim...
Je suis vraiment révoltée par le degré d'absurdité et d'inhumanité que notre société a atteint.
Faire crever les gens pour s'enrichir. Car voilà bien où on en est...

Le nazisme : entre 10 et 11 millions de morts dans les camps de concentration.

Le communisme : environ 100 millions de morts, dont 25 millions de morts en URSS, 65 en Chine, et quelques millions d'autres en Corée du Nord, Europe de l'est, etc.

Quand on se mettra à compter les morts du capitalisme, ça va faire mal...

I'm an Obama gal too

Évidemment, l'un des sujets les plus passionnants de l'actualité en ce moment, c'est le duel Obama-Clinton. On dirait un roman feuilleton pleins de drames, revirements, suspense, tout ça sur fond de bons sentiments...
Depuis le début, je suis plutôt pour Obama, même si j'ai peur que le fait d'être noir lui nuise auprès d'une partie de l'électorat états-unien de base qui ne votera jamais pour un noir...

Pourquoi Obama plutôt que Clinton?
- parce qu'il est noir, et qu'un président noir, c'est quand même encore plus un pied de nez à l'Amérique WASP qu'une présidente. Surtout quand ce noir descend de Jefferson Davis.
- aussi parce qu'il est un peu cherokee... irlandais... français... musulman... chrétien...
- parce qu'il a vécu ailleurs qu'aux États-Unis
- parce qu'il n'est pas issu d'une famille de politiques, qu'il y a fait son chemin (presque) seul et qu'il est encore relativement "frais"
- parce qu'il parle bien et qu'il a l'air posé et intègre, faute d'être un saint
- parce qu'il n'a pas éprouvé le besoin de lancer des attaques teintées de sectarisme envers sa principale adversaire
- parce qu'il n'est pas issu d'une famille riche et prospère, et qu'il sait ce que c'est que la misère pour l'avoir vécue
- parce qu'il a toujours été contre la guerre en Irak
- parce qu'il veut investir 150 milliards de dollars pour développer des sources d'énergie renouvelables et lutter contre les émissions de gaz a effet de serre
- parce que c'est un vrai homme de gauche, pour la couverture maladie universelle, pour l'avortement, pour les droits des gays, contre la peine de mort...
- parce qu'il a compris que pour lutter contre l'immigration clandestine, il ne fallait pas lutter contre les immigrés, mais contre ceux qui en profitent
- enfin et en bref, parce qu'il est le mieux placé pour incarner l'espoir qu'un jour le rêve de Martin Luther King se réalise :

I have a dream this afternoon that the brotherhood of man will become a reality in this day.
And with this faith I will go out and carve a tunnel of hope through the mountain of despair. With this faith, I will go out with you and transform dark yesterdays into bright tomorrows. With this faith, we will be able to achieve this new day when all of God’s children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing with the Negroes in the spiritual of old:
Free at last! Free at last!
Thank God almighty, we are free at last!

Je m'en souviendrai...

S'il est une loi symbolique au Québec, c'est bien la loi 101 (ou « Charte de la langue française »). C'est la loi qui, en 1977, établissait le français comme langue officielle unique du Québec, langue d'affichage, langue de travail, langue d'enseignement - tout en reconnaissant les droits des minorités autochtones et certaines concessions aux anglophones. C'est en vertu de cette loi, par exemple, que Kentucky Fried Chicken a dû s'appeler Poulet frit du Kentucky et que le Mac Chicken s'appelle Mac poulet ici (et on se demande ce que font les Français pendant ce temps-là).

Ces derniers jours, le statut du français au centre-ville de Montréal fait couler beaucoup d'encre. D'une part, une journaliste, qui affirme avoir pu se faire engager comme vendeuse, serveuse et autres métiers de rapport à la clientèle en prétendant ne pas savoir un mot de français (ici), d'autre part, une étude de l'OQLF, qui affirme que le service est disponible en français dans 91% des commerces à Montréal ().
Autant l'article de la journaliste ne m'a pas surpris, autant je trouve consternant que l'OQLF - et à travers lui, le gouvernement du Québec - se félicite des bons résultats du français à Montréal. D'abord, parce que rien dans cette étude, ne parle de la qualité du français. Oui, au marchand de beignes (pas de délation) à côté de mon bureau, je peux passer ma commande en français, mais je sens que je dérange à parler la langue de Molière plutôt que celle de Shakespeare,et que la fille en face de moi est incapable de me répondre si je sors du menu affiché derrière elle. Ensuite, parce que 91%, ça veut quand même dire que 9% des commerces de Montréal sont inaccessibles au commun des francophones, soit environ 1 magasin sur 10, ce qui dans une province francophone, me semble énorme!!
Dieu sait si je n'ai rien contre les anglophones (après tout, c'est grâce à eux que j'ai une job), mais je m'étonne que finalement si peu soit fait pour défendre le français au centre-ville, et que la commaunuté anglophone se montre si arrogante en ignorant (volontairement, parce que franchement, faut être de mauvaise volonté quand on vit au Québec pour tout ignorer du français) la langue de la majorité qui l'entoure.
Évidemment, je ne demande pas que ma marchande de beigne se mette à me déclamer des vers de Baudelaire, mais dans un pays bilingue, je trouve ça stupide déployer autant de mauvaise volonté pour s'interdire toute ouverture à l'autre culture. Sans parler de l'extrème mépris que cela dénote de la part d'un marchand de ne pas offrir de service dans la langue de la majorité de ces clients. Quoi que le gouvernement fasse (ou pas), que ceux-là ne comptent pas sur ma clientèle...

En bref

J'aime bien me rendre sur les actualités de Google France, on est sûr d'y trouver chaque jour des nouvelles de Superkozy.

Aujourd'hui: Sarkozy n'aime pas les musulmans. Mais est-ce vraiment une nouvelle?
Demain on aura peut-être droit à Sarkozy n'aime pas les noirs, puis Sarkozy n'aime pas les jaunes, et enfin, Sarkozy lave plus blanc que blanc (normal pour un super héros).

Parmi les autres news qui retiennent mon attention, celle-ci: le mythe de la France ultra gréviste, alors que finalement, nous sommes loin derrière d'autres pays que nous citons en exemple. Bon, j'avoue que pour le coup, je ne soutiens pas spécialement les grèves actuelles, que je trouve injustifiées, et que pour une fois, j'approuve les déclarations de Sarkozy : faut savoir négocier au lieu de hausser le ton tout le temps. N'empêche, jusqu'à cet article, j'aurais juré que la France était parmi les pays les plus grévistes, et j'ai donc été surprise d'apprendre que non, pas du tout, en fait. Ça me fera toujours un argument de plus quand les poulaillers d'acajou critiqueront gratuitement n'importe quelle grève (tiens, là encore, j'approuve Sarkozy, faudrait arrêter de cracher sur les fonctionnaires pour un oui pour un non...).

Ah, et puis pour terminer sur une note fun, la deuxième vie de Culture Pub sur le net, yeepeeh!

Heureusement qu'il est là!

Encore une fois, Superkozy est venu au secours des gentils!

A quand les films ou on le voit en super héros avec une cape aux couleurs de la France?
(merci mon chéri pour la cape :P)

La honte

Aujourd'hui, j'ai honte d'être française.

Quand mon père est allé m'inscrire à la mairie, personne n'a vérifié s'il était bien mon père et si ma mère ne m'avait pas échangée subrepticement avec sa voisine de chambrée à l'hôpital. Et d'ailleurs, quelle importance?
Que je sois la fille naturelle de mes parents ou celles de deux inconnus, mes parents sont mes parents parce qu'ils m'ont éduquée et ont subvenu à mes besoins pendant de nombreuses années.
Cette conception de la parenté me paraît fondamentale. C'est en son nom que l'adoption est possible, par exemple. Toute autre conception me semble présenter quelques relents de théories eugénisto-nazies que l'on espérait éteintes après en avoir en avoir vu les dérives, mais qui ont ressurgi de plus belle avec les progrès de la science ces dernières années.

De plus, quel genre d'immigration Monsieur Sarkozy entend-il bloquer avec son test ADN? Le cousin du marabout qui se fait passer pour le fils de Jamel pour en entrer en France?
Il y en a-t-il tellement de ces cas de fraude, d'abord? Et si Jamel décide de parrainer l'entrée en France du cousin en question, où est le mal que le cousin ne soit pas réellement le fils de Jamel, s'il s'en occupe comme d'un fils?
Que l'on soumette le parrainage à certaines conditions de revenus, je peux le comprendre, et même, en un certain sens, être pour. Après tout, il n'est pas facile de trouver un emploi en France, surtout quand on est immigré, et il est donc normal que le parrain s'engage à subvenir aux besoins du parrainé.
Bref, que l'on s'assure que le nouvel immigrant trouvera à son arrivée des conditions de vie décentes sans que l'État soit immédiatement chargé de subvenir à ses besoins, passe. Mais je ne vois pas de raison d'aller plus loin.

Tout cela me fait penser à une autre affaire, qui agite le Canada, celle de l'imam Jaziri, porte-parole haut en couleurs de la communauté musulmane, renvoyé hier en Tunisie pour être entré au Canada avec un faux passeport et avoir caché lors de sa demande d'asile l'existence d'un casier judiciaire en France. On entend tout et rien sur cette triste affaire (triste car le sieur a une femme et un enfant à naître, tous deux canadiens), et surtout des arguments du type: "il avait qu'à fermer sa gueule" ou "vous vous en prenez à lui parce que vous n'aimez pas ses prises de positions politico-religieuses", qui n'ont bien sûr rien à voir avec le fond de l'affaire, qui est strictement administrative.

Comme le dit Patrick Lagacé dans La Presse aujourd'hui:
"L'imam outrecuidant, pour ceux-là, est LE maudit immigrant, LE proverbial sale foncé qui, sitôt débarqué du bateau, se met à frauder le BS, à corrompre nos femmes et à exiger de pouvoir prier impunément à la cabane à sucre en invoquant la Charte des droits et libertés."

Bref, le débat sur l'immigration en France me semble du même accabit. Le gouvernement français, aussi subtil que la plupart des intervenants dans le débat sur Jaziri, vient d'officialiser que pour lui, le regroupé familial est a priori un profiteur, un magouilleur, un menteur, un "maudit immigrant" dont il faut se protéger. En deux mots, présumé coupable tant qu'il n'a pas prouvé son innocence.
Belle leçon d'humanisme.

Les femmes et la politique

Évidemment, la nouvelle m'est arrivée en pleine poire ce matin. J'émergeais tranquillement, et comme tous les matins, je me dirigeais sur la page actualités, histoire de ne rien perdre du feuilleton Amour, gloire et Élysée dont les médias français se gorgent en ce moment, quand mon oeil fut attiré par une toute autre nouvelle...

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