humeur

On dirait le Nord...

La plupart des gens rêvent du Sud, le soleil, la belle vie, des vieux corps fripés qui s'étalent sur la plage... Étrangement, et malgré le plaisir que j'ai à me laisser caresser par madame Soleil, c'est du Nord que je rêve.

J'en rêve d'autant plus que ma vie ici me paraît étriquée, sans saveur. Je ne me suis jamais sentie à l'aise dans la ville. Quand d'autres se sentent menacées dans la nature et ne conçoivent de vivre sans l'asphalte, toute ma vie, j'ai rêvé de nature, de rivières, de forêts, du grand air.
J'ai du mal à supporter l'agitation, les bruits et les odeurs de la ville, et ce temps qui vous file entre les doigts, plus vite que le sable de la plage... La promiscuité et l'individualisme me pèsent, tout autant que la maladie moderne de la consommation, version moderne du divertissement pascalien.

J'aimerais m'arrêter un instant et prendre le temps de contempler la vie autour de moi, goûter aux mille et uns plaisirs insoupçonnés qu'elle nous offre.
Et je me prends à rêver de voyage.
Mais pour moi, c'est au Nord que le temps dure longtemps...

Plaisirs hivernaux

J'ai beau manquer de sommeil ces derniers temps, je suis incapable de faire la grasse matinée. Alors ce matin, comme tous les matins, je me suis levée tôt, et me suis livrée à mon petit rituel des fins de semaines: douche chaude et café savouré en musique devant mon pc (geek inside).

Et puis comme le soleil semblait de la partie, j'ai décidé d'aller marcher un peu.
Une fois mes bottes, mes mitaines, mon foulard, ma tuque et mon manteau d'hiver enfilés, me voilà dans le froid matin d'hiver. Les -17° ne m'impressionnent pas, et je jouis du plaisir de marcher seule dans les rues désertes de Montréal, d'entendre la neige crisser sous mes pas au milieu du silence et d'avoir l'impression que la ville est vierge et m'appartient.

L'un des grands plaisirs de marcher dans le froid, c'est le contraste entre le froid qui vous brûle les joues et la chaleur intérieure qui vous irradie encore sous le manteau. Bien sûr, plus je marche, plus le froid transperce mes vêtements, jusqu'à ce que je sente sa piqure sur mes jambes. Alors, je prends le chemin du retour.

Et c'est à ce moment là que j'ai senti la douce et chaude caresse de Madame Soleil sur mon pantalon de velours noir.
Plaisir indicible offert par les éléments.
Follement sensuel.

Iwanu ga hana

Je suis d'une nature plutôt discrète, et me plais à cultiver mon jardin mais tout au fond de ma cour, il y a de drôles de fleurs qui poussent.

Certaines sont là, depuis des années, depuis ma plus tendre enfance presque à l'abandon. Elles ressemblent à un buisson de ronces : sauvages, indisciplinées, piquantes. Mais j'ai encore l'espoir d'en tirer de beaux fruits.
D'autres sont plus jeunes, et de toutes sortes : des herbes folles et des plantes grimpantes bien disciplinées, des petites fleurs des champs, des grandes fleurs de serre, des laides, des belles, des qui portent des épines, des qui sentent bon, des qui feraient même fuir une moufette...

Les mots qu'on a pas dit sont les fleurs du silence.
Il y a tous ces mots que j'aurais aimé dire et que j'ai tus, par pudeur, par respect, par honte, ou tout simplement par peur. Mon amour que je n'ai jamais dit à la plupart de mes proches, mon amitié à certaines personnes, mon admiration et mon respect à certains professeurs, mon attachement ou ma compassion pour les uns, mon mépris et à ma haine à d'autres.

Tous ces mots m'habitent et lorsque j'ouvre la porte de mon petit jardin, leur jungle se met à me hanter.
Ils résonnent en moi et je les caresse comme autant de souvenirs de ce je fus, ou de ce que je ne fus pas, de ce que je suis.
Je verse une larme et ferme la porte de mon petit jardin.
Ils seront encore là demain.

Petits bonheurs d'une fin de semaine

Le soleil d'hiver
Le ciel bas et lourd (qui pèse comme un couvercle)
L'orage et le bruit des essuie-glaces
La lumière qui perce les nuages, si éblouissante
Un coucher de soleil aux nuages roses
Le feu dans le foyer
Des crêpes au sirop d'érable
L'odeur qui bois qui brûle
Celle de la terre humide, si forte qu'on ne sait plus si c'est agréable
Le vent qui vous brûle les oreilles
Le plaisir d'être avec des gens que l'on aime, tout simplement

Revenir aux racines...

De la fenêtre de mon bureau, je regarde le Mont Royal se parer de ses plus belles couleurs. Du vert, du rouge, du jaune, de l'orange...
Et tandis que mes yeux s'égayent de ce spectacle automnal, mon esprit s'égare, et ce sont des mots de Thoreau qui me viennent en tête...

I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life, and see if I could not learn what it had to teach, and not, when I came to die, discover that I had not lived. I did not wish to live what was not life, living is so dear; nor did I wish to practice resignation, unless it was quite necessary, I wanted to live deep and suck out all the marrow of life, to live so sturdily and Spartan-like as to put to rout all that was not life, to cut a broad swath and shave close, to drive life into a corner, and reduce it to its lowest terms, and, if it proved to be mean, why then to get the whole and genuine meanness of it, and publish its meanness to the world; or if it were sublime, to know it by experience, and be able to five a true account of it in my next excursion.

Ich will kein Engel sein

L'une des choses qui me manquent de la Suisse, peut-être la seule, si l'un omet mes amis de là-bas, c'est le contact quotidien avec l'allemand. Et pourtant Dieu sait si c'est laid, le Switzerdutch, en comparaison de l'allemand pratiqué dans des pays civilisés comme l'Allemagne ou l'Autriche.

Alors, pour me consoler, et surtout les jours où j'ai besoin d'exprimer (intérieurement) un peu de colère au boulot, quand je suis débordée donc, je m'écoute du Rammstein en boucle.
J'aime bien ce groupe, d'abord parce que bien que ça soit du métal, ça reste écoutable, et puis, parce qu'un groupe qui rencontre un succès planétaire alors qu'il chante en allemand, c'est toujours sympathique... En plus, ils chantent de manière compréhensible. Que demande le peuple?

Sweet dreams...

Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, il y a la forêt et l'eau.
Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, la ville est loin, très loin.

J'ai grandi à Paris. Et s'il y a bien une ville au monde, c'est celle-là, la ville-lumière. Et pourtant, je m'ennuie à peine de Paris (juste des gens que j'y apprécie).
J'ai passé tous mes étés (ou presque) au Canada. Chez mes grands-parents, qui habitaient en bordure de forêt (certes, ce n'était pas vraiment la grande et sauvage forêt, mais la forêt tout de même). Chez ma tante, à Barachois, au bord de l'océan, ou encore chez mon oncle, dans un petit chalet de bois à l'odeur délicieuse, sur les bords du lac Brompton. Et puis, il y a le fleuve, celui qui se mêle à la mer, au large du Bic, l'un de mes endroits préférés au monde.
Et toute mon enfance, ce sont ces paysages là qui ont nourri mon imaginaire...

Aujourd'hui, je vis en ville, presque forcée par le monde moderne. Je dis presque parce que j'aurais pu faire le choix de travailler à distance - d'où je veux donc, sauf qu'il me faudrait de toute façon une bonne connexion Internet (et que mon chéri exerce un métier qui nous condamne à la ville).
Et pourtant, la ville m'ennuie. Le métro m'ennuie. Passer mes journées devant un écran m'ennuie.
Je rentre chez moi le soir, épuisée. Pas physiquement, non, psychologiquement. Avec une grande impression de vide.
Alors je rêve de la forêt et de l'eau.
Je rêve d'une vie où je pourrais vivre.
Je rêve d'une vie impossible, où je pourrais satisfaire à la fois mon goût de la culture et mon attirance pour la nature.

Je voudrais être une orque

L'histoire de l'évolution est étrange.
Dieu qu'il fallait que le premier poisson qui mit les nageoires hors de l'eau soit fou!
Et dieu qu'il fallait le premier mammifère qui eut l'idée d'y retourner soit sensé!

Lorsque j'ai fait de la natation, mon groupe de piscine s'appelait les "Orques I" - parce qu'il y avait les Orques II qui étaient moins bons, et les Dauphins I et II, qui étaient meilleurs (ou plus âgés, mon Alzheimer commence à me jouer des tours). C'était bien avant Sauver Willy, Flipper était alors au sommet de sa gloire, mais j'en ai gardé un attachement particulier au grand cétacé bicolore.
J'ai aujourd'hui deux épaulards Haida gravés sur la peau, témoignage de mon double attachement à l'eau et aux premières nations.

Je suis persuadée que, plus que les grands singes (ou même les petits), les cétacés sont nos véritables cousins.
Les antiques croyaient que les Atlantes, lors de la disparition de leur île, s'étaient transformés en dauphins... Quand on songe à l'organisation sociale et à la complexité des langages des cétacés, je ne suis pas loin d'adhérer à cette idée.
Ce n'est peut-être pas un hasard que les dauphins soient, comme les humains, parmi les seuls animaux à faire l'amour pour le plaisir.
Ce n'est peut-être pas un hasard non plus qu'il existe tant d'histoires d'amitiés entre les cétacés et les humains...
Peut-être enfin que l'une des raisons pour lesquelles on éprouve tant de difficultés à décrypter leur langage, c'est qu'on veut y voir un langage utilitaire. Alors que la principale fonction du langage des cétacés est peut-être, comme la nôtre, poétique.
Et s'il existaient des aèdes chez les Cétacés? Peut-être se racontent-ils les épopées des temps passés...

Demain, je file au Saguenay, et j'espère que les esprits me feront la grâce de me transformer pour vivre ce mystère de l'intérieur.

Taahhhhhh

Un film des frères Coen, avec Frances McDormand, Brad Pitt, George Clooney et John Malkhovich, plus une photographie de Roger Deakins (Barton Fink), ça peut être que bon, non?

Voilà l'été

J'aimerais avoir les mots du poète pour dire le bonheur de l'été qui s'abat, lourd et enivrant, sur Montréal. Ce drôle de sentiment de réminiscences de mon enfance.
J'ai beau être dans la ville, le soleil me parle du verger chez mes grands-parents, du bois qui s'étendait derrière chez eux, des petites fraises. Du goût si unique des tartes aux bleuets de ma grand-mère. Il me parle aussi des longues après-midi à faire des singeries dans l'herbe avec ma sœur, à nager, à faire du canot ou à se prélasser dans le hamac. Et le soir, la pluie me parle des orages électriques sur le lac ou sur l'océan, du sentiment de délivrance qui les accompagne, de la beauté unique des éclairs.
Le temps me parle du bonheur des vacances au grand air...

Plus que deux semaines et je mets le cap sur le Saguenay. J'ai hâte!

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